Expatriés : Ecosse

EXPATRIES: ECOSSE

London celtic map 0

 

 

Les Français n'hésitent plus à partir à l'étranger pour travailler ou étudier.

Comment vivent-ils cette expérience ?

Voici celle de Margot et Mathias.

Abdallah Akremi.

RECIT DE MARGOT

PARTIR

Margo

Après l’obtention de mon baccalauréat scientifique, mon projet professionnel était de devenir architecte naval spécialisé dans la navigation de plaisance et de servitude. L’architecture navale n’étant pas un métier très répandu en France, cette filière n’était pas très courante dans les universités françaises. C’est pourquoi j’ai décidé de partir étudier à l’étranger.

Je dois dire qu’à l’origine mon anglais n’était pas assez bon pour comprendre des cours tout en anglais alors j’ai préféré, pour ma première année à l’étranger, partir dans un pays anglophone afin de l’améliorer. Je rêvais alors à l’époque, de partir en tant que volontaire en Afrique du sud et ainsi venir en aide à des enfants en difficulté ou travailler dans une réserve naturelle. Cependant, cela ne restait que des rêves insouciants d’une jeune adolescente.

Alors à mes dix-huit ans, je ne suis pas partie bien loin de mon pays et ai seulement traversé la Manche pour devenir fille au pair dans le sud de l’Angleterre (à Farnham dans le Surrey). A vrai dire, cela était déjà assez loin pour moi puisque que je ne pouvais pas voir ma famille et mes amis aussi régulièrement que j’en avais l’envie, et puis on ne se rend pas compte que deux pays aussi proches peuvent être aussi différents.

En tant que fille au pair, je m’occupais de deux enfants âgés de trois et six ans tous les jours et ce durant dix mois. Le début a été très dur, je me demandais pourquoi j’étais partie, j’étais comme perdue dans ce nouveau pays que je ne comprenais pas, (il est vrai que ce n’est pas avec ce que l’on apprend durant nos cours d’anglais au lycée que l’on peut vivre au Royaume-Uni, bien au contraire) puis je me suis adaptée.

Cette année a alors été une année exceptionnelle pleine de nouveautés, d’émotions et d’expériences. J’y ai alors rencontré des personnes formidables et de tout âge me créant alors une seconde famille (ma famille d’accueil, dont je considère encore les deux enfants comme des petits frères même si je ne les vois qu’une fois par an), des amis avec qui je suis sûre de rester en contact même si la distance nous sépare et puis surtout mon conjoint Mathias, avec qui je partage ma vie actuellement (deux français s’étant rencontrés au Royaume-Uni, cela fait rire notre entourage). Bien évidemment, en totale immersion avec l’anglais et en voyageant de villes en villes tous les week-ends afin de découvrir ce pays qui me tient maintenant tellement à cœur et que j’aime particulièrement, mon anglais était devenu meilleur.

ECOSSE

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C’est pourquoi, à la fin de mon année au pair, je me suis inscrite dans différentes universités britanniques afin d’étudier l’architecture navale. J’ai finalement été acceptée par toutes les universités pour lesquelles j’ai postulé à savoir Southampton, Newcastle et Glasgow (les deux premières étant en Angleterre et Glasgow en Ecosse). Puis mon choix s’est dirigé vers l’Ecosse, pays originaire de ma famille d’accueil. A vrai dire mon but premier avant d’être fille au pair était d’étudier à Southampton, cependant les frais universitaires étaient bien trop importants et ne partant pas par l’intermédiaire d’Erasmus ou autre échange universitaire, je devais bien évidement payer l’intégralité des frais.  Au contraire, en Ecosse, les frais étaient beaucoup plus abordables (équivalant à presque 10 % des frais universitaires anglais).

Je partis donc pour ma deuxième année à l’étranger en Ecosse à mes dix-neuf ans, cependant cette fois ci, je n’étais pas seule, Mathias prit la décision de se joindre à moi dans cette nouvelle aventure même si malheureusement lui n’avait pas été accepté par son université (parce qu’il avait postulé trop tard) afin de devenir professeur de français dans un pays anglophone. Mon université ‘’University of Strathclyde’’ se situe à Glasgow, très grande ville industrielle d’Ecosse. J’avais déjà vécu au Royaume-Uni; cependant je n’imaginais pas que l’Ecosse était elle aussi si différente de l’Angleterre. Il est vrai qu’au final j’avais vécu dans une petite ville typiquement anglaise et surtout assez bourgeoise et que maintenant je devais m’adapter à une grande ville industrielle assez pauvre. L’adaptation a été bien plus dure qu’en Angleterre ce qui est étrange puisque Glasgow est rempli d’immigrés mais cela est surement dû au fait que les écossais ont un accent très particulier. Bien évidemment, les écossais parlent anglais; cependant, comme nous avaient prévenus les anglais, qui eux même ne comprennent pas les écossais, leur accent est très prononcé et Glasgow n’en fait vraiment pas l’exception. De même, cette fois si nous étions bien plus au nord qu’auparavant et je me souviens encore de la réaction que mon compagnon et moi avions eue en regardant une carte, me disant que maintenant, j’étais bien plus loin de chez moi (il faut se mettre à ma place, le sud de l’Angleterre était bien proche de ma Normandie natale).

Parc

ADAPTATION

Cette première année en Ecosse rima donc avec petits boulots étudiants et étude pour moi et stage et travail pour Mathias. Cela n’a pas toujours été très facile puisqu’on a dû gérer notre premier appartement à l’étranger (alors que le système pour le loyer, les factures ou même les problèmes de santé est très différent du système français). Cependant nous étions vraiment heureux d’avoir enfin notre ‘’chez nous’’. Nos parents, à tous deux, nous ont toujours très bien aidés autant moralement que financièrement, et pour cela on ne peut que les remercier; cependant nous ne voulions pas dépendre que d’eux, alors après plusieurs semaines de recherches, nous avions  trouvés un petit boulot afin de subvenir à nos besoins (vendeur dans deux magasins ‘’Tk Maxx’’ et ‘’Sportsdirect’’ pour Mathias et vendeuse de paëlla lors de marchés continentaux et baby-sitter pour moi). L’année est alors passée à une vitesse incroyable (‘’Time flies’’comme on dit en anglais), mes études se déroulaient bien, cela me plaisait et en parallèle Mathias lui faisait des stages dans des écoles, ce qui le rapprochait un peu plus du métier de ses rêves. J’ai finalement validé ma première année avec mention (‘’distinction’’) et ai été inscrite sur la liste de ‘’Dean‘’ (ce qui correspond à une catégorie d’étudiants ayant acquis une ‘’mention très bien’’, cette liste est plus souvent utilisée en Amérique du nord cependant les universités britanniques reflètent un peu l’étendue des universités américaines où l’on peut trouver divers bâtiments tels que ‘’boîtes de nuit’’, ‘’cafés’’ et autres dans le campus).

University of glsgow mathias

Cette année, je viens de commencer ma seconde année en ‘’Architecture with smal craft engineering’’ maintenant appelée ‘’High performance vehicles’’ (afin de valider mon master, j’ai cinq années à valider) tandis que mon ami a été accepté à l’université de Glasgow où il effectue un Post Graduate Diploma of Education (PGDE) afin de devenir professeur de français. Lors de son année, il effectue des ‘’placements’’ c’est-à-dire qu’il enseigne dans différentes écoles secondaires afin de se familiariser avec la vie d’un professeur. Le système éducatif écossais est différent du système français et met plus en pratique ce que l’on apprend, ce qui nous intéresse vraiment. De même, ici en Ecosse, il n’a qu’une année supérieure d’étude à effectuer après la licence pour enseigner (il avait déjà validé sa licence de ‘’Langues Littérature Civilisations Etrangères en France) tandis qu’en France il aurait dû valider deux années de master et ensuite obtenir son CAPES pour devenir professeur. L’année prochaine, son université le placera déjà dans une école où il effectuera son année probatoire en tant que professeur de Français.

 Afin de financer nos études et nos différents frais, nous continuons tous deux à travailler en tant que baby-sitter et au marchés continentaux lorsqu’ils sont de passage à Glasgow.

IMMERSION

University of strathclyde margot

Il est vrai que vivre à l’étranger n’est pas tous les jours facile puisque nos familles et nos amis nous manquent; cependant on prend goût à la vie à l’étranger très rapidement. Même si l’Ecosse est un très beau pays et offre une végétation luxuriante à l’exception de Glasgow (si un jour il vous vient l’idée de visiter l’Ecosse, évitez Glasgow, il est bien plus favorable de visiter Edimbourg qui est une ville charmante et chargée d’histoire), on n’a pas l’attention d’y vivre indéfiniment. A vrai dire, le temps y joue peut-être un rôle puisque que la pluie y est de passage très régulièrement. Les personnes qui osent dire que la région normande attire la pluie n’ont vraiment jamais mis leurs pieds à Glasgow. Le temps n’y est pas plus favorable puisque le vent, la pluie et le froid arrivent à s’y mélanger très fréquemment. Nous rêvons donc pour le moment de découvrir de nouveaux pays et envisageons de partir en Espagne lors d’un échange Erasmus ou bien au Canada ou en Australie lors d’un échange international avec mon université durant ma quatrième ou cinquième année d’étude. Comme je le disais : on prend très vite goût au voyage et comme le chocolat quand on a commencé il est difficile de s’arrêter.

Margot Cocard.

 

Partir à l'étranger; Ecosse; Universités;

Commentaires (1)

mauger
  • 1. mauger | Lun 25 Mai 2015
Merci de nous faire partager cette expérience !! les parents vous soutiennent c'est formidable !! même si ils auraient aimé vous savoir plus proches d'eux !
bonne route ! du soleil , plein de bonnes choses vous attendent en Espagne je vous souhaite beaucoup de bonheur

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